Miscellaneous Follies | 16-27.09.2017

16.09 > 24.09.2017

Horaires :
Mardi > dimanche | 10:30 > 18:00

Tickets :
Entrée gratuite

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Product Description

MISCELLANEOUS FOLLIES

 
« La folie, comme projet d’architecture et figure de déraison tout à la fois, a été précisément définie au siècle des Lumières. Il avait déjà été fait référence à de nombreux bâtisseurs excentriques légendaires comme “inventeurs des folies’’ mais le rôle culturel de la folie n’a pas été compris avant que l’âge de raison n’en découvre les propriétés merveilleuses. Parce qu’incarnant une série d’attributs négatifs, la folie a endossé le rôle essentiel d’être tout à la fois un pôle opposé, une posture extrêmement indésirable et la contradiction absolue. Emblème d’un raffinement insensé, elle a lancé un avertissement aux dilapidateurs pour leurs investissements sans intérêts ; départie de toute fonction, elle a fourni un éventail de vacuité et d’inutilité sans lequel l’idée même de fonction serait dénuée de sens ; proche de la démence, elle a ouvert un royaume nouveau et incarné une métaphore visuelle qui a permis d’auréoler ce même concept (de fonction) qui sinon ne serait resté qu’étonnant ou volontiers caché derrière des murs insignifiants ; véhiculant toutes sortes de notions littéraires en vogue, du sublime au pittoresque, la folie a permis de les dévoiler dans une espèce de musée d’objets à méditer. Ainsi, dans un espace qu’elle a su rendre habitable, la folie a pu y confiner des idées compliquées et anti-bourgeoises telles que l’horreur, la terreur et la décadence. Dans tous les sens du terme, la folie a représenté la nécessaire figure diabolique, et ce, de manière picturale et figurative. Sans la folie, les idées de rationalisme, de progrès et de foi en une humanité perfectible ne seraient restées qu’au stade de concepts vains – simple intention du bien sans antagonisme tangible auquel se confronter. »
 
Anthony Vidler, « History of the Folly », dans B.J. Archer (dir.),
Follies. Architecture for the Late-Twentieth-Century Landscape (1982)

 

 

Petits dispositifs architecturaux à penser le monde, territoires d’expérimentation de styles, de métiers d’arts, de concepts et de rituels multiples, pièces d’architectures savantes et vernaculaires, les folies sont organisées en systèmes et pensent le territoire par émergences. Ruines, grottes, pavillons, tentes et temples sont autant de figures pour penser l’architecture et son rapport au paysage. Alors que l’éclectisme des fabriques des parcs et jardins des aristocrates du XVIIIe siècle ambitionnait de scénariser un microcosme dans un espace domestique, on observe qu’à la fin du XXème siècle, les folies sont devenues un cadre de recherche pour interroger à nouveau l’architecture elle-même. Hors des parcs, c’est désormais la globalité de l’environnement métropolitain qu’elles considèrent.

L’exposition miniature Miscellaneous Follies présente un aperçu des recherches entamées par Benjamin Lafore, Sébastien Martinez Barat et Michel Mathy au printemps 2017 – dont l’aboutissement devrait voir le jour à l’automne 2018. Elle juxtapose des documents de travail rassemblant des archétypes architecturaux et paysagés, d’autres issus de la collection de la Fondation Civa, ainsi que les textes littéraires et théoriques qui accompagnent ces projets.
Cette exposition est accessible gratuitement du samedi 16 au dimanche 24 septembre à l’occasion des journées du patrimoine.