Savage Architecture + Freeport – The archive as urban catalyst

24.05 > 16.09.2017

Horaires :
Mardi > dimanche | 10:30 > 18:00

Tickets :
Entrée gratuite

Savage Architecture
Gian Piero Frassinelli
2A+P/A
curated by Davide Sacconi


Freeport – The Archive as Urban Catalyst
Love di Marco

Category:

Product Description

 

Les propositions architecturales, textes et documents visuels qui sont présentés dans cette double expostion sont issus de différentes histoires et temporalités. Savage Architecture dévoile une démarche de près de 50 ans (1968-2015) qui englobe textes prophétiques et projets d’architecture tandis que Freeport – The Archive as Urban Catalyst est le développement d’une réflexion menée dans le cadre académique d’une année scolaire.

Initiée dès son projet de diplôme à Florence en 1968, la démarche de Gian-Piero Frassinelli a touvé un aboutissement récent par l’élaboration de deux propositions architecturales mises au point avec 2A+P/A ; un exercice synthétique à valeur de case study pour donner forme à une pensée critique qui tend à évaluer les rapports fondamentaux entre l’homme et l’architecture. Ces deux projets partagent une idée commune avec celui développé par Love di Marco ; le principe d’archivage comme dispositif muséal. En arrière-plan de cette idée, les deux propositions interrogent plus fondamentalement des notions de conservation de la mémoire et de construction des récits collectifs.

De manière inhabituelle si l’on replace la question dans une perspective muséographique historique, chacun des deux projets développe un rapport direct à l’ensemble des objets ou œuvres d’art constituant une collection. La narration ainsi que l’expérience des œuvres par le public s’en trouve drastiquement modifié, dès lors que l’intermédiaire curatorial s’efface. C’est de la disparition du rôle canonique de la médiation que les deux projets nous entretiennent d’une part.

D’autre part, la forme architecturale particulière des deux projets – des entrepôts davantage que des musées – suscite une interrogation quant à la représentation et la dimension symbolique du musée, en tant qu’expérience intérieure autant que présence physique dans le paysage environnant. A l’inverse du ‘White Cube’ (dispositif intérieur neutre au service d’un accrochage clinique des œuvres) de même qu’en opposition au ‘Geste Architectural fort’ (la présence d’un objet iconique dans la ville – cfr l’effet Bilbao), les deux projets déploient une logique infrastructurelle basique, au service d’une découverte brute et d’une expérience intime de l’histoire, de la culture et de l’art.

 

Freeport – The archive as urban catalyst
Project by Love Di Marco

Savage Architecture
Gian Piero Frassinelli (Superstudio)
Gianfranco Bombaci and Matteo Costanzo (2A+P/A)
Davide Sacconi (curator)

 

Savage Architecture est un voyage en quatre épisodes, au source de la relation profonde entre l’architecture et l’homme. Au départ du projet de diplôme de Gian-Piero Frassinelli, un Centre de Recherche Anthopologique (1968) toujours non-publié à ce jour, en passant par les scénarios dystopiques des 12 Villes Idéales (1972), ce parcours aboutit aux collaborations récentes entre Frassinelli et 2A+P/A pour un projet de Musée Ethnographique à Budapest (2014) et celui des Archives Centrales des Cultures Humaines (2015).

Ce voyage de cinquante années parmi différents processus expérimentaux révèle les fondements d’un projet qui s’inscrit en alternative à la croyance aveugle en une raison economique et technologique dominante. Le regard anthopologique donne forme à une architecture sauvage, puisqu’elle refuse d’imposer le puissance de la raison sur le caractère symbolique, animale, vitale et donc poilitique de l’homme.

Une architecture sauvage est celle qui renonce au caractère domestiqué de l’homme pour lui préférer sa dimension primitive originelle, le débarassant du fardeau du progrès pour retrouver la liberté du barbare, la sagesse de l’ancêtre et la dimension collective de la conscience architecturale. Savage Architecture est ainsi l’aboutissement d’une recherche qui met en tension des notions opposées : le contrôle et la liberté, les récits mythologiques et la technologie, l’expression individuelle et les rituels collectifs. En écho à une conscience de la violence inhérente aux relations humaines, l’exposition propose des mécanismes et récits pour donner forme aux irréductibles dichotomies du genre humain.

La collaboration récente entre Gian Piero Frassinelli (membre fondateur du collectif florentin Superstudio) et 2A+P/A (agence d’architecture basée à Rome) relance un débat ancien bien qu’un peu oublié sur la relation entre architecture et anthropologie. S’éloignant d’une perspective historique ou scientifique pour engager le point de vue du projet d’architecture, l’exposition Savage Architecture reconstruit une généalogie de l’ethos d’une telle combinaison d’intérêts.


Freeport – The Archive as Urban Catalyst
est un projet développé par Love di Marco durant l’année académique 2015-16 à l’Architectural Association School of Architecture de Londres, sous la direction de Peter Swinnen et Flavien Menu – Unit Intermediate 13.

Alors que les archives ont toujours eu une importance symbolique forte à la fois en termes culturels que politiques, puisqu’historiquement situées en centre-ville et accessibles au public, la majorité des archives en Europe sont aujourd’hui du ressort du privé, abritées derrières des façades aveugles et implantées en périphérie des villes. La quintessence de cette réalité s’avère être la catégorie du Freeport – un port franc, à savoir une zone non soumise aux services de douanes. Les Freeport définissent un réseau d’enclaves libres d’impôts à destination des ultras-riches, pour pouvoir y stocker œuvres d’art et autres biens de valeur. Echangeant l’idée de pouvoir en faveur de celle du profit, ce sont devenus des lieux d’exception qui contournent à la fois réalité financière et contexte physique.

En regard de nos infrastructures culturelles publiques, démunies face à une crise économique globale, ne vaudrait-il pas la peine de repenser la typologie passive et brutale des Freeport en faveur d’un développement plus social et trouver le moyen d’activer son potentiel d’archive comme catalyseur de changement urbain et citoyen ?

Par un partenariat à benéfice mutuel, la construction d’un Freeport pourrait injecter une économie neuve sur un site en déclenchant son usage public. En retour, les structures urbaines existantes deviendraient les plateformes idéales pour des manifestations temporaires, augmentant ainsi la valeur du contenu des archives. Dépassant la question d’un simple problème d’architecture, le travail de l’architecte favorise un partenariat inhabituel voire peu orthodoxe puisqu’il n’est ni social ni libéral, mais qui pourrait s’avérer très productiif pour les communautés urbaines. Bruxelles, ville dont la collection d’art moderne est prise en otage depuis une décennie, offre un parfait terrain d’essai pour mener une telle expérience.