Nocturnes au CIVA

<br>

Tous les jeudis soir du 21 avril au 9 juin, les Nocturnes vous ouvrent les yeux sur les trésors des musées et centres d’art bruxellois. Le 9 juin au CIVA, Pouvoir-Faire vous propose un atelier de peinture sur tissu avec des encres spéciales…! Chaque participant repartira avec un petit objet textile (tote bag ou bandana) peint de ses mains et dont le graphisme rappellera une oeuvre de l'exposition Sick Architecture. 

L’animation proposé par Pouvoir-Faire se déroule de 18h à 21h. (3 ateliers de 45 minutes).

Dates
Jeudi, 9 juin, 2022
Type de visite
Visite libre et workshop
Heures
17:00 > 22:00
Langue(s)
FR / NL / EN
Lieu
CIVA
Tickets

Cliquez ici. 5 € (standard), ou 2,50 € (-26 ans) par musée.

Partenariat
Brussels Museums, Nocturnes des musées

A propos de l'exposition

Il existe des rapports étroits entre architecture et maladie. Le discours architectural se fraie toujours un chemin à travers les théories du corps et de l’esprit, faisant de l’architecte une sorte de médecin et du client un patient. Depuis des milliers d’années, l’architecture est décrite à la fois comme une forme de prévention et comme un remède. Avec « Sick Architecture », le CIVA et la commissaire invitée Beatriz Colomina (Université de Princeton) mettent en lumière une thématique qui s’est retrouvée au centre de nos existences depuis l’avènement de la pandémie de COVID-19.

La santé serait le but premier de l’architecte, comme Vitruve le soulignait déjà au premier siècle avant Jésus-Christ. Pourtant, l’architecture est souvent aussi perçue comme cause de maladie – depuis l’usage de matériaux toxiques dans la construction jusqu’au syndrome du bâtiment malsain. L’architecture elle-même est tombée malade.

A chaque époque et à chaque affliction correspond une architecture spécifique. L’époque des maladies bactériennes, de la tuberculose en particulier, a donné naissance à l’architecture moderne dans les premières décennies du XXe siècle, à des bâtiments blancs détachés du « sol humide où couve la maladie », comme le disait Le Corbusier. Durant l’après-guerre, l’attention s’est déplacée vers les problèmes psychologiques. L’architecte a souvent été vu comme une sorte de psy, et la maison pas seulement comme un dispositif médical de prévention de la maladie, mais aussi comme un espace procurant un confort psychologique ou, comme le disait Richard Neutra, de « santé nerveuse ». Le XXIe siècle est l’âge des troubles neurologiques, avec la dépression, le trouble déficitaire de l’attention, les troubles bipolaires, le syndrome du burn-out, les allergies et l’hypersensibilité environnementale comme facteurs définissant l’expérience contemporaine de l’architecture et de l’environnement bâti.

En attendant, les pandémies sont de retour. L’épidémie de COVID-19 est en train de refaçonner complètement l’architecture et l’urbanisme. Le virus a mis en évidence les injustices structurelles en matière de race, de classe et de genre, provoquant un appel à la transformation sociale et peut-être à une révolution architecturale.

L’exposition élargit le cadre historique et conceptuel des discussions, avec des éléments d’analyse qui couvrent un spectre allant de l’architecture historique de la quarantaine à Ellis Island et à l’ancien lazaret de Venise jusqu’à l’architecture moderne d’Aino et Alvar Aalto et d’Henri Lacoste, en passant par les expérimentations d’Hans Hollein et de la Coop Himmelb(l)au dans les années 1960. Enfin, « Sick Architecture » s’attardera sur les réalisations de figures contemporaines de l’architecture (51N4E, Elizabeth Diller, architecten jan de vylder inge vinck, Andrés Jaque) et les propositions et œuvres d’artistes tels que Sammy Baloji, Mohammed Bourouissa, Vivian Caccuri, Goldin+Senneby et Ahmet Öğüt.

L’exposition s’accompagne d’une série de publications en ligne sur e-flux Architecture, dont la première partie est parue en 2020 et dont la seconde partie paraîtra au moment de l’ouverture de l’exposition en mai. Y contribuent, les auteurs suivants :  Gideon Boie, Edna Bonhomme, David Gissen, Brooke Holmes, Fabiola Lopez-Duran, Elizabeth Povinelli, Meredith TenHoor et Mark Wigley, ainsi que de nombreux doctorants de la Princeton University qui participent depuis 2019 aux séminaires de Beatriz Colomina consacrés aux liens entre architecture et maladie.

© Kristien Daem
© Kristien Daem
© Kristien Daem
© Kristien Daem